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Convocation à entretien préalable · Experts-comptables

Convocation à entretien préalable dans un cabinet d'experts-comptables : procédure complète

Dans un cabinet d'experts-comptables relevant de la convention collective nationale des cabinets d'experts-comptables et de commissaires aux comptes (IDCC 787), l'engagement d'une procédure disciplinaire ou d'un licenciement impose de respecter un enchaînement précis d'étapes. La convocation à l'entretien préalable en est la première, et toute irrégularité à ce stade peut fragiliser l'ensemble de la procédure. Ce guide détaille les obligations légales applicables, les spécificités liées à la grille de classification de la convention, et les points de vigilance pratiques pour l'employeur.

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Pourquoi l'entretien préalable est-il obligatoire ?

Avant tout licenciement ou toute sanction disciplinaire, l'employeur doit organiser un entretien préalable. Cette obligation répond à un double objectif : permettre à l'employeur d'exposer les motifs qui fondent sa décision envisagée, et recueillir les explications du salarié, conformément à l'article L1232-3. L'entretien n'est pas une simple formalité : il constitue le moment où le salarié peut faire valoir sa version des faits, apporter des éléments de contexte ou contester les griefs qui lui sont reprochés. L'employeur doit donc aborder cet entretien avec les éléments factuels précis qu'il entend soumettre. Sur le plan disciplinaire, il faut également garder à l'esprit l'article L1332-4 : aucune sanction ne peut être prononcée pour des faits dont l'employeur a eu connaissance plus de deux mois avant l'engagement de la procédure. Ce délai court dès le jour où l'employeur est informé, indépendamment du temps mis à réunir les preuves. Dans les cabinets d'experts-comptables, où les équipes sont souvent resserrées et les responsabilités clairement définies selon la grille de classification de la convention, cette prescription impose une réactivité particulière dans le traitement des faits fautifs.

Forme et délais de la convocation : ce que dit l'article L1232-2

La convocation à l'entretien préalable doit impérativement être adressée au salarié par lettre recommandée avec avis de réception ou remise en main propre contre décharge, conformément à l'article L1232-2. L'entretien ne peut avoir lieu moins de cinq jours ouvrables après la présentation ou la remise de la convocation. Ce délai est incompressible : il laisse au salarié le temps de se préparer et de choisir une personne pour l'assister. La convocation doit mentionner l'objet de l'entretien, la date, l'heure et le lieu de la rencontre, ainsi que la faculté pour le salarié de se faire assister. Cette mention est essentielle : en application de l'article L1232-4, le salarié peut se faire assister par toute personne appartenant au personnel de l'entreprise. En l'absence de représentants du personnel dans le cabinet — ce qui est fréquent dans les structures à effectif réduit —, le salarié peut solliciter un conseiller du salarié inscrit sur la liste officielle établie par l'autorité administrative. L'oubli de cette mention dans la convocation constitue une irrégularité de forme susceptible d'être invoquée lors d'un contentieux prud'homal.

Grille de classification IDCC 787 : quelles conséquences pratiques pour la convocation ?

La convention collective des cabinets d'experts-comptables (IDCC 787) organise les emplois selon des coefficients hiérarchiques définis dans la grille générale des emplois. Ces coefficients structurent les catégories professionnelles présentes dans un cabinet : collaborateurs, assistants, chefs de mission, cadres dirigeants, etc. Pour l'employeur, la position du salarié dans cette grille a plusieurs implications concrètes au moment de préparer la convocation et la procédure qui s'ensuit. D'abord, la qualification exacte du salarié doit figurer correctement dans les documents de procédure : une erreur sur la catégorie ou le coefficient peut générer des incohérences avec le contrat de travail et les bulletins de salaire. Ensuite, la nature des fonctions exercées — telles que définies par la grille conventionnelle — peut influer sur l'appréciation de la gravité des faits reprochés : un collaborateur occupant un poste à responsabilité selon la grille est soumis à des exigences de rigueur et de déontologie spécifiques au secteur. Par ailleurs, après l'entretien, si l'employeur décide de notifier un licenciement, il doit respecter un délai minimum de deux jours ouvrables avant d'expédier la lettre de notification, conformément à l'article L1232-6, qui doit énoncer les motifs précis de la rupture. Quant au préavis applicable, sa durée est fixée par la loi, la convention collective ou les usages : l'article L1234-1 prévoit un mois de préavis pour un salarié ayant entre six mois et deux ans d'ancienneté, et deux mois au-delà, sauf dispositions conventionnelles ou contractuelles différentes — reportez-vous au texte de la convention applicable pour vérifier si des durées spécifiques y sont prévues.

Récapitulatif des étapes clés de la procédure

Pour sécuriser la procédure dans un cabinet d'experts-comptables, l'employeur doit respecter l'enchaînement suivant. Première étape : s'assurer que les faits reprochés n'ont pas plus de deux mois (article L1332-4). Deuxième étape : rédiger et envoyer la convocation par lettre recommandée ou remise en main propre, en mentionnant la possibilité d'assistance (articles L1232-2 et L1232-4). Troisième étape : respecter le délai de cinq jours ouvrables entre la présentation de la convocation et la tenue de l'entretien. Quatrième étape : conduire l'entretien en exposant les motifs envisagés et en écoutant les explications du salarié (article L1232-3). Cinquième étape : si la décision de licencier est maintenue, expédier la lettre de notification au moins deux jours ouvrables après l'entretien, par lettre recommandée avec avis de réception énonçant les motifs précis (article L1232-6). Chaque étape doit être documentée avec soin. Dans les cabinets d'experts-comptables, où la traçabilité des actes professionnels est une valeur centrale, cette rigueur procédurale s'impose d'autant plus naturellement.

Sources légales

Questions fréquentes

Que doit obligatoirement mentionner la convocation à l'entretien préalable dans un cabinet d'experts-comptables ?

La convocation doit indiquer l'objet de la réunion (entretien préalable à une éventuelle sanction ou licenciement), la date, l'heure et le lieu de l'entretien, ainsi que la possibilité pour le salarié de se faire assister. En application de l'article L1232-4, si le cabinet ne dispose pas de représentants du personnel, le salarié peut recourir à un conseiller du salarié figurant sur la liste officielle. L'omission de cette mention est une irrégularité de forme.

Quel délai minimum faut-il respecter entre la convocation et l'entretien ?

Conformément à l'article L1232-2, l'entretien ne peut se tenir moins de cinq jours ouvrables après la présentation de la lettre recommandée ou la remise en main propre de la convocation. Ce délai est calculé en jours ouvrables (hors dimanches et jours fériés), et non en jours calendaires. Il est impératif de ne pas abréger ce délai, au risque de rendre la procédure irrégulière.

La convention collective IDCC 787 influence-t-elle la procédure de convocation ?

La convention collective des cabinets d'experts-comptables (IDCC 787) ne modifie pas les délais légaux de convocation, qui restent ceux du Code du travail. En revanche, la grille de classification de la convention détermine la catégorie professionnelle du salarié, ce qui peut avoir une incidence sur l'appréciation de la gravité des faits reprochés et sur le préavis applicable en cas de licenciement. Reportez-vous au texte de la convention pour vérifier les dispositions spécifiques applicables à la situation concernée.

Peut-on sanctionner un salarié pour des faits anciens de plus de deux mois ?

Non. L'article L1332-4 interdit toute sanction disciplinaire pour des faits dont l'employeur a eu connaissance plus de deux mois avant l'engagement de la procédure. Ce délai de prescription court dès le jour où l'employeur est informé des faits, quel que soit le temps nécessaire à l'instruction interne. Dans un cabinet d'experts-comptables, il est donc essentiel d'agir rapidement dès la découverte de faits susceptibles de justifier une sanction.

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